jeudi 27 novembre 2008

Les nouvelles conquêtes du libéralisme

Qui pouvait prédire il y a encore quelques mois que le libéralisme, devenu le dogme économique mondial depuis l’effondrement du modèle communiste, allait connaître une telle remise en question ? Depuis Bretton Woods et la construction européenne, la chose était entendue : la suppression des barrières, tant humaines qu’économiques, était l’ « horizon indépassable » du progrès humain.
Tout ce qui faisait obstacle à l’atomisation de la société devait être détruit.

Et pourtant le libéralisme vient d’être ébranlé. Ce n’est un secret pour personne ; la crise économique qui a frappé de plein fouet l’économie américaine en cette fin d’année va avoir des répercussions mondiales. Les effets se font déjà lourdement sentir aux quatre coins de la planète. L’Asie voit sa croissance ralentir, l’Europe entre en récession, l’Afrique devra se contenter de ce que le « Nord » voudra bien lui laisser.

Le glas de la mondialisation libérale a-t-il sonné pour autant ? C’est en tout cas le rêve que caressent ses opposants déclarés. Mais au fait, qu’ont-ils fait depuis quarante ans tous ceux qui, idéalistes de tout poil, bataillent pour l’édification d’une société plus juste et tolérante ? Ils ont travaillé sans relâche à la destruction méthodique de la nation, de la famille, de la morale, de l’autorité, c’est-à-dire de tout ce qui pouvait constituer des garde-fous face à l’inexorable marche en avant du capitalisme libéral mondialisé.

Le marché ne pouvant anéantir à lui tout seul ses plus grands ennemis, a dû former des alliances. D’abord avec les élites intellectuelles. Dans l’élan de Mai 68, elles annoncent la suppression des frontières. Monsieur X n’est plus citoyen français, il est « citoyen du monde ». C’est la naissance de l’homme indifférencié hors-sol. Cet idéal sociétal mis en avant par la figure de l’altermondialiste engagé, nouveau héros des temps modernes, n’est pas sans conséquences. En détruisant toute forme d‘enracinement, il détruit l’Etat-nation.

Toujours au cours des « trente glorieuses », les ouvriers obtiennent cependant des moyens de pression uniques dans l’histoire du capitalisme. La grève générale de Mai 68, rêve anarcho-syndicaliste depuis 1905 et le congrès d’Amiens, est l’apothéose de ce mouvement. Les salaires augmentent inlassablement, à peine rognés par l’inflation. Le bras de fer qui oppose les salariés au patronat tourne à l’avantage des premiers.

Le capitalisme, se sentant menacé, sort alors son arme traditionnelle : « l’armée de réserve ». L’appel à un sous-prolétariat immigré, docile et non-qualifié, acceptant des rémunérations inférieures au prix du marché, va venir enclencher la baisse des salaires. La loi de 1974 sur le regroupement familial n’a d’autre but que de créer cet appel d’air. Dix ans plus tard, Julien Dray et Harlem Désir fondent SOS Racisme. Un onzième commandement, plus grand que tous les autres, s‘impose à l‘homme moderne : « Touche pas à mon pote ». Avec l’antiracisme, la rive gauche enfourche un nouveau cheval de bataille et passe de la « lutte des classes » à la « lutte des races », selon les termes de Paul Yonnet.
Le rapport traditionnel riche/pauvre est abandonné au profit du rapport immigré/français. Sans doute cette bataille est-elle plus progressiste. Mais, à qui profite l’arrivée d’immigrés clandestins sur le sol français ? Essentiellement aux patrons.

Pourtant la pression sur les salaires n’est pas encore suffisante. C’est pourquoi le capitalisme utilise un autre joker : la femme. Les emplois temporaires ou à temps partiels explosent. Ils sont taillés sur mesure pour les femmes, qui cherchent généralement d’avantage que les hommes à concilier vie professionnelle et vie familiale.

En outre, bénéficiant d’un deuxième revenu au sein du foyer, les ouvriers n’ont plus aucun intérêt à poursuivre leurs revendications. La stratégie du patronat s’avère payante. En augmentant la demande, la concurrence entre travailleurs est plus rude, ce qui tire logiquement les salaires à la baisse.

Cette salarisation massive des femmes, au nom du progressisme et de l’abolition de toute différence entre l’homme et la femme, a été applaudie comme une victoire par les féministes. Pourtant, le mythe de la « femme libérée » selon lequel l’éducation des enfants est un esclavage, pour lequel il ne peut y avoir d’épanouissement qu’en dehors du foyer et une reconnaissance sociale que par la réussite professionnelle, loin d’avoir libéré la femme, l’a asservie.
Mise en concurrence avec sa moitié naturelle ; l’homme, la femme est priée de répondre aux mêmes exigences. Pendant ce temps, le marché se réjouit d’avoir trouvé une nouvelle cible, tant pour la production que pour la consommation, tant il est vrai que l’entrée de la femme sur le marché a donné un coup d’accélérateur à la publicité permanente et à la marchandisation de la société.

En d’autres termes, en détruisant le modèle familial et social traditionnel, les soixante-huitards, les antiracistes et les féministes servent les intérêts du capitalisme libéral mondialisé. Ils ne luttent pas contre le capitalisme, ils sont les « idiots utiles » du capitalisme.

La droite, en s’alignant sur un modèle libéral déraciné et donc déshumanisé, et la gauche, en troquant sa ligne directrice d’antan - c’est-à-dire la défense des intérêts matériels de l’ouvrier français - pour un gauchisme sentimental et sans frontières ont détruit la nation. La nation, qui selon les propres mots de Jaurès était pourtant « le seul bien des pauvres », a de part sa décomposition ouvert la voie à la mondialisation du marché mondial et aux maux que nous connaissons aujourd’hui.

L’alliance niée, mais pourtant bien réelle, entre la gauche bien-pensante et la droite dévoyée en appelle aujourd’hui une autre : celle de la gauche du travail et de la droite des valeurs.



PS : Un grand merci à Politeia, notamment à François Reynes, sans qui la réalisation de cet article n’aurait pas été possible.

Paul M

14 commentaires:

Anonyme a dit…

Très bon article, félicitations. Cependant, comme le disait déjà mon dernier commentaire sur ton article précédent, je ne pense pas que le libéralisme économique et la droite des valeurs respectant la nation soient incompatibles. De plus j'aimerai avoir les chiffres, mais je ne pense pas que les travailleurs clandestins soient légion dans notre bonne vieille France. Ce qui pourrit tout c'est selon moi le protectionnisme social à outrance que la droite et la gauche ont mis en place depuis des années. Celui-ci a tellement vérolé la société que rien que d'émettre l'idée de le supprimer bloque tout le pays à grands coups de grèves et manifs en tous genre.
les "patrons" comme tu dis, ils font avec ce qu'on leur donne. Tu parle de pression sur les salaires, mais n'oublie pas que notre smic est à plus de 1000euros net. En France, si tu supprimes une partie des impots qui financent tous nos aides et allocs, 1000 euros c'est beaucoup pour vivre. Si dès qu'on engage une personne on doit accepter ses conneries sans avoir le droit de la virer et en la payant une fortune, ça devient invivable. Si j'étais un patron, j'engagerais des immigrés qui travailleraient mieux pour moins cher, parceque ce serait la seule façon de booster un peu mes bénéfices. Il n'y aurait pas autant de chômage si le droit du travail était plus souple.
Quand au libéralisme que tu dis débridé et "sans foi ni loi", c'est lui qui a poussé à la création du premier code du travail en Hollande. C'est lui qui par sa défense de la notion de propriété a permis à l'individu de s'épanouir et de développer des règles protégeant ses biens, ses créations. Le libéralisme, cela ne veut pas dire anéantir le droit.

L'artiste

Anonyme a dit…

Tiens ça tombe bien, je comptais répondre à ton autre commentaire, je vais pouvoir faire d'une pierre deux coups.
Tout d'abord, par libéralisme économique j'entends libre-échangisme, en effet même si le libéralisme économique est un mot fourre-tout englobant des courants divers, il correspond à l'idée que le progrès résiderait dans la suppression des barrières. Mais, en revanche on peut très bien défendre l'économie de marché sans pour autant soutenir un libre-échange absolu.
Tu veux des chiffres sur les immigrés clandestins, en voici: il y a actuellemnt plus de 500.000 immigrés clandestins en France, et encore comme tu peux t'en douter les chiffres sont sous-évalués, d'ailleurs récemment le président Bouteflika a dit qu'il estimait le nombre d'immigrés clandestins algériens seulement à plus de 350.000.
Ce système de pression sur les salaires selon toi serait dû à la rigidité de notre système de protection social, néanmoins cette même technique est utilisé dans les pays anglo-saxons, qui bénéficient d'un capitalisme qui joue sur l'immigration pour tirer les salaires à la baisse. A ce stade la France fait en petit ce que ces pays font, eux, en grand. Cela n'a donc rien à voir avec notre système de protection sociale, puisque comme chacun le sait la classe ouvrière anglaise n'a pas les mêmes acquis financiers et sociaux que leurs voisins français, en outre les patrons payent bien moins de charges, pourtant ils utilisent la même méthode.
Comment expliques-tu que des pays qui aient un droit du travail bien plus souple (voir quasi inexistant), aient recours aux mêmes méthodes, et de façon bien plus excessive.
Ensuite l'argument que l'on nous répète depuis 30 ans qui consiste à dire: ces immigrés font les travaux que les français ne veulent pas faire, donc ils sont nécessaires à notre économie: du pipeau, ce raisonnement est biaisé, ce n'est pas tant le travail que sa rémunération qui est remis en cause.
Ce libéralisme anglo-saxon que tu admires, contribue avec la complicité des gauchistes à tribaliser la france, et empêche l'augmentation des revenus des braves gens qui vivent dans les quartiers populaires , et qui crois moi mènent une vie bien difficile(surdélinquance, communautarisation, incivisme croissant, haine de la France...)
Dans cette affaire mon cher ami, tu dois choisir: c'est de Gaulle ou Tony Blair, mais tu ne peux pas faire une synthèse molle à la Hollande (ce qui lui a d'ailleurs valu son célèbre surnom: "Guimauve le conquérant")
Pour finir j'ajouterai que Nicolas Sarkozy, ce n'est pas la droite gaulliste, à titre d'exemple Brice Hortefeux a très clairement fait comprendre qu'il n'était pas favorable à l'assimilation républicaine, mais à l'intégration, et que son chiffre de 25.000 étant donné tout ce que je viens de dire c'est une vaste blague. (sachant que sur les 25.000plus de la moitié n'est pas expulsée de notre territoire métropolitain)

PS: Je tiens à rappeller que les clandestins permmettent de faire pression sur les salaires des français et des immigrés régularisés.Donc pour ceux qui imaginent un conflit Blanc contre les autres, vous faites fausse route

Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…

Paul qu'est ce qui te différencie de Le Pen ?
A.B.

Anonyme a dit…

Si dire que la mondialisation, si elle n'est pas maitrisée, représente un risque pour la nation et toutes les valeurs qu'elle incarne, alors oui je suis lepenniste. Mais en disant cela tu laisses à le pen le privilège d'icarner la nation, autrement dit c'est un grand honneur que tu lui fais.
Puis-je ajouter que cette méthode ne date pas d'hier, et qu'elle a en effet permis aux bien-pensants d'éliminer comme fascistes tous les sujets délicats. C'est quand même formidable, il suffit que le pen parle d'un problème (délinquance, insécurité, immigration...) pour qu'il soit interdit seulement de l'évoquer sous peine d'être considéré comme un ignoble faschiste.
Jean-pierre chevènement a eu le mérite d'essayer de ramener à gauche ces sujets délicats malgré la pression médiatico-idéologique.
Il en va de même pour Dupont-aignan dont je salue également le courage.
Le fait d'essayer de rester fidèle à Jaurès et à de Gaulle ferait-il de chevènement et de dupont-aignan deux ignobles lepennistes.
Le fait d'être favorable au protectionnisme ferait-il de moi un lepenniste?
La chasse aux sorcières n'est pas finie on dirait, Mac carthy serait ravi.

Anonyme a dit…

je constate juste en lisant ton article, que ce qu'il en ressort, c'est que les immigrés clandestins volent le travail des français, il faut donc un protectionisme de l'Etat au non du maintient de la nation et de la citoyenneté, donc il faut tendre à une immigration 0, une expulsion en masse.
ET sur l'échiquier politique, je ne connais qu'une seule personne pronant ce discours et faisant réellement primer la nation, c'est Le Pen.
Ne me parle pas de bien pensance comme éliminant les sujets délicats.
Tu parles d'alliance objective entre la gauche bien pensante et la droite libérale, moi je te parle d'alliance objective entre cet article (Jaurès, de Gaulle) et Le Pen.

A.B.

Anonyme a dit…

Premièrement, Les immigrés clandestins ne volent pas le travail des Français, ils servent à faire baisser les salaires.
Karl Marx l'expliquait très bien, c'est "l'armée de réserve du capitalisme" (le vieux barbu allemand étai-il lepenniste?)
Il n'y a pas que le pen qui rappelle que les immigrés clandestins sont en situation illégale, et que respecter la loi c'est respecter la démocratie, une fois de plus regarde le MRC et DLR.
Mais bon dans ce pays, dénoncer les conséquences de l'immigration clandestine c'est de l'hérésie.
"Si le pen dit que le soleil est jaune, je ne vais pas dire qu'il est bleu" pour te faire plaisir.
Je répète que Le Pen n'est pas la seule personne à faire primer la nation (et la politique sur l'économie), il y en a d'autres, mais à cause du terrorisme intellectuel, ils sont peu nombreux.
Le fossé s'est creusé entre les partis politiques et le peule.
A ce stade, il suffit d'évoquer le sujet européen.
Au fait A.B considères-tu que Zemmour, Finkielkraut, Sévilla, Gallo sont lepennistes?
Sincèrement je ne le pense pas, en revanche ils regrettent sûrement le fait que si peu d'hommes politiques défendent la nation et ses vertus.
Quand je parle d'alliance objective entre la gauche du travail et la droite des valeurs je ne pense pas à jean-marie Lepen qui à travers ses discours a surtout démontré qu'il souhaitait devenir ministre de la parole et non accéder au pouvoir.

Anonyme a dit…

Tu joues sur les mots, entre faire baisser les salaires et prendre le travail de français, selon ton article c'est par ce qu'il n'est pas français et qu'il travaille à la place d'un français que l'immigré tire les salaires vers le bas, donc l'immigré vole le travail du français, s'il n'était pas là ça serait mieux, d'autant plus qu'il est en situation irrégulière. Passons. Je sais bien que tu ne te forceras pas à me dire que le soleil est bleu, donc sur ce point on a bien une alliance objective entre Jaurès et Le pen. Le fossé s'est peut être creusé entre les partis politiques et le peuple, mais celui qui se rapproche le plus de tes convictions, c'est Le pen, malgré tout.
Et sache que je doute fort que Le pen ne veuille pas accéder au pouvoir, c'est ridicule de dire ça. Un collègue a voté Le pen en 2002 et me l'a expliqué en me disant que Le pen n'est qu'un clown politique, il veut pas le pouvoir, il a voté pour lui pour rire. A un moment il faut arrêter les conneries.

Anonyme a dit…

Ouh là, ton explication me parait assez floue, le patronat met en concurrence des salariés habitués à une législation normale et protectrice avec des gens payés une misère qui sont rentrés brutalement sur un marché du travail mondialisé, il y a une différence entre dire cette concurrence tire logiquement les salaires à la baisse, et "Ils nous volent notre travail", mais bon passons.
En outre le fait de parler d'une alliance objective entre Jaurès et le pen me parait simpliste, dire que le pen profitant du déni de réalité des deux grands partis républicains a récupéré les voies de la gauche du travail et de la droite des valeurs, me parait plus exact.
La gauche et la droite devraient tenir compte de cette réalité pour résoudre le problème, d'ailleurs c'est ce qu'a fait Nicolas Sarkozy pendant la campagne, seulement force est de constater qu'il a trahi ses promesses (devoir de repentance, rapport Attali...).
Ton analyse consiste à dire, la gauche de jaurès n'existe plus, la droite gaulliste non plus, donc jean marie le pen qui est un extrêmiste a récupéré les voies des nostalgiques de ces deux politiques, donc toi paul m tu es lepenniste.
Ce n'est pas comme ça que je vois les choses, c'est tout, être gaulliste, ce n'est pas être lepenniste.
En plus sur l'échiquier politique, je me sens plus proche de quelqu'un comme dupont-aignan par exemple, tu devrais regarder son programme, il est favorable à l'assimilation, et tient quasiment le même discours que moi sur l'immigration, la repentance, l'Europe.
Enfin, je maintiens que jean-marie le pen s'est laissé enfermé de manière volontaire, dans une image créée de toute pièce par les trotskystes, qui ont l'habitude d'utiliser le concept d'anti-faschisme pour discréditer leurs adversaires.
Je ne crois pas que sa déclaration sur la shoah, ou "je suis socialement de gauche et économiquement de droite" (phrase analogue à celle d'hitler) lui ait permis de maximiser son électorat, ça a surtout été du pain béni pour les gauchistes.
Jean-marie le pen tout comme besancenot, ne souhaite pas accéder au pouvoir.
Quant à ton collègue qui a voté le pen pour rire, c'est son problème pas le mien.

Anonyme a dit…

Alors je vais reprendre un peu ton raisonnement.
Tu nous parle d'une alliance objective entre la gauche du travail et la droite des valeurs, tant dans cet article que dans tous les autres. Droite des valeurs, admettons, mais quand tu parles de droite libérale, je dis non. On ne peut pas inscrire le libéralisme dans un mouvement politique. Le libéralisme économique n’a pas spécifiquement vocation à être « de droite » ou « de gauche ». En France, des personnalités et des partis politiques se revendiquent de gauche ou du centre tout en se revendiquant du libéralisme économique. Réciproquement, les partis de droite ne sont pas très libéraux économiquement. L'économiste Christian Schmidt dans un article intitulé l'économie résiste aux étiquettes politiques écrit que « l'assimilation hâtive de la droite au libéralisme et de la gauche au socialisme ne résiste pas longtemps à la réflexion ». Par ailleurs, Frédéric Bastiat, économiste libéral français du XIXe siècle et député, siégeait à gauche à l'Assemblée nationale législative et votait tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite.
Ensuite le libéralisme n'est pas forcément le libre échangisme, et encore moins le libre échangisme absolu. Tu attaques l'Europe, comme quoi les frontières françaises n'existent plus. Pourtant on y applique encore le droit du travail français, le droit fiscal français, qui soit dit en passant ne sont pas trop favorables à nos patrons (patron venant du mot pater, le père, c'est quand même lui qui créé l'emploi, ne l'oublions pas). La libre circulation des personnes existe dans l'espace Shengen. La Convention de Schengen instaure un espace de libre circulation des personnes entre les Etats signataires et associés, tout en garantissant une protection renforcée aux frontières extérieures de l'espace. Toute personne, une fois entrée sur le territoire d'un pays membre de la zone Schengen, peut franchir les frontières des autres pays sans être contrôlée. Toutefois, les contrôles mobiles à l'intérieur des Etats demeurent. Des règles communes en matière de visas, de droit d'asile et de contrôle aux frontières externes régissent cet espace.
Cela étant dit, l'on constate que la libre circulation des personnes n'entraine pas le même droit du travail pour tous les Etats membres. Les intérêts des salariés français sont encore préservés.
Ta (enfin, celle de zemmour et sevilla) fameuse gauche bien pensante (les fameux Bobo que tu hais tant, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas d'accord avec toi au bout du compte) ne rêve que d'une chose : le citoyen du monde, tout le monde se tient par la main. Cette gauche bien pensante voit le monde, veut voir le monde comme il le souhaite, non pas comme il l'est. Le libéralisme analyse le monde d'aujourd'hui, anthropologiquement; je ne te reciterais pas pascal salin. Le libéralisme va de pair avec la liberté d'entreprendre, la liberté tout court. L'espace Shengen permet à des personnes étrangères de venir travailler en France, il est malgré tout soumis à la loi française, au droit du travail français, au SMIC français et j'en passe (ceci du point de vu du salarié, du point de vu d'un patron qui s'installe en France c'est différent, je t'expliquerais si tu veux).
Donc le libre échangisme n'est pas l'allié de la gauche bien pensante. Le libre échangisme, le libéralisme si tu veux, n'est pas l'allié de la gauche bien pensante puisqu'il respecte encore le droit du travail français. Donc parler d'immigrés clandestins tirant les salaires vers le bas est inexact pour caractériser le libéralisme, puisqu'illégal.
Adam Smith ("La richesse des Nations" 1776) disait : la richesse provient du travail de l'homme inspiré par son intérêt privé qui garantit l'harmonie de l'intérêt général. L'Etat ne doit pas se substituer à l'individu. Le gouvernement n'a que trois fonctions:protection du groupe contre la violence extérieure, protéger les individus contre l'injustice et l'oppression, gérer les institutions ou travaux publics indispensables dont le coût ne peut être assumé par un individu ou un groupe d'individus...
Je ne vois pas d'alliance objective avec la Gauche du citoyen du monde une fois cela dit.
En l'attente de ta réponse
Cordialement

A.B.

Anonyme a dit…

Cher A.B., je croyais avoir été clair là-dessus, visiblement ce n'est pas le cas, je vais donc recommencer, quand je dis que droite et gauche communient ensemble autour du socialisme-libéral et du libéralisme-social, je n'inscris pas le libéralisme économique dans une quelconque mouvance politique. La droite en étant à la recherche des mêmes chevaux de bataille que la gauche bien-pensante a trahi sa propre famille (voir commentaires précédents). La gauche en s'adaptant à la mondialisation libérale, a troqué sa ligne directrice d'antan (défense de l'ouvrier français) pour un gauchisme sans frontières (et me faites pas le coup du Bad Godesberg, ce problème est résolu depuis 1983). En d'autres termes, pour dire les choses de façon simple et caricaturale, la gauche et la droite sont toutes les deux bien-pensantes, mais la gauche reste plus bien-pensante que la droite (féminisme, multiculturalisme, sentimentalisme transfrontalier étant d'avantage l'apanage de la gauche); la gauche et la droite sont toutes les deux favorables au capitalisme libéral mondialisé, même si la droite reste plus libérale que la gauche, voilà. En réalité, il n'y a plus une feuille de papier à cigarette entre la droite et la gauche.
Quant à ta remarque sur les frontières pas besoin d'être prix nobel d'économie pour comprendre que la mondialisation repose sur la suppression des frontières. C'est le principe même de l'Europe cheval de Troie de la mondialisation, relis les traités européens tu comprendras, c'est le principe même du libre-échangisme: abolition des barrières douanières (je te repasserai mes cours de droit communautaire si tu veux).
Quand tu t'attaques au droit du travail français rassure toi tu ne fais que tirer sur l'ambulance, il y a en effet deux conceptions de l'Europe: une conception moniste, principe selon lequel l'ensemble des règles de droit doit s'inscrire dans un système unique, et une conception dualiste: principe selon lequel il y a deux systèmes juridiques, l'ordre juridique international mais qui se meut par sa propre logique et l'ordre juridique national, qui lui aussi se justifie par le biais de sa propre logique; Entre les deux une barrière juridique qui exige notamment que l'ordre juridique national émette son consentement avant que l'ordre juridique international le pénètre.
Or, pour l'Europe force est de constater que la tendance est plutôt à l'avènement d'un ordre moniste. En d'autres termes, le système français est en voie de disparition parce que voué à s'adapter au modernisme anglo-saxon que tu admires tant.
Ce n'est pas parce que le libéralisme économique respecte le droit du travail français, qu'il ne favorise pas un mécanisme de pression sur les salaires, ce libéralisme est favorable à une libre circulation des capitaux, des biens, des services et aussi des personnes, la suppression des frontières favorise la libre circulation des travailleurs légaux et illégaux.
C'est le grand projet du capitalisme libéral mondialisé faire du monde un vaste marché en ébullition permanente en mettant en concurrence tous les salariés, tu as le droit de défendre ça, mais ne va pas dire que ça permet aussi de protéger la nation, c'est tout simplement faux. Cette synthèse n'a tout simplement aucun sens.
Prend un exemple, on a un travailleur clandestin et un travailleur français, soit tu défends la nation donc la préférence nationale et donc le salarié français, soit tu raisonnes uniquement d'un point de vue économique et tu dis le clandestins coûte moins cher pour le patron, le patron doit maximiser son profit donc il a tout intérêt a embauché le clandestin; ou encore il faut régulariser le clandestin pour des raisons économiques ce qui favorise l'appel d'air donc une immigration permanente qui fait baisser les salaires, (le taux de chômage chez les immigrés régularisés est supérieur à 25%, les patrons pourraient très bien les employer eux et pas les clandestins, seulement un clandestin leur coûte moins cher).
Choisis :la nation, ou le mercantilisme transfrontalier, les intérêts de l'un et de l'autre ne sont pas toujours conciliables.
Choisis ton camp, mais en tout cas sache que pour un économiste libéral (ou libertarien), la notion de frontière est un obstacle (lis nicolas baverez tu comprendras).
Le libéralisme économique ne se résume pas à la liberté d'entreprendre (rassure-toi aujourd'hui tout le monde est pour la liberté d'entreprendre que ce soit la gauche ou la droite).
Alors quelle est ta priorité A.B. défendre les intérêts de la nation ou quoi qu'il arrive les intérêts du marché transfrontalier ?
La politique doit-elle primer sur l'économie, ou l'économie doit-elle primer sur la politique?
Faire primer la nation sur l'économie ou l'inverse.
C'est soit l'un soit l'autre, et non pas et l'un et l'autre.
Enfin, je tiens à rappeler que le libéralisme est historiquement antérieur au socialisme, et que le socialisme est né des excès et des contradictions du libéralisme.
Je finirai par cette phrase d'Alain Soral: "ni le socialisme, ni le syndicalisme, ni le mouvement ouvrier n'auraient vu le jour en europe occidentale, si le libéralisme avait été ce qu'il prétend être: une "main invisible" par laquelle l'égoïsme et la rapacité de chacun se changeraient en prospérité pour tous".
Ne reste pas enfermé dans ta tour d'ivoire A.B. le principe selon lequel le marché peut s'autoréguler est un mythe.

Anonyme a dit…

Je pense que nos pensée mon cehr Paul ne sont pas si opposées l'une à l'autre. Cependant, on peut respecter les valeurs françaises et aimer son pays, tout en restant réaliste. Si je peux me permettre de donner un exemple puisque l'on parle à l'origine de travail. Renault va fermer des usines en France et licencier environs 12000 personnes en Europe. Cependant ses usines de Roumanie, où la marque produit la Logan (Dacia) voiture à bas cout de production et à bas prix de vente fait des miracles. La sous-marque de Renault fait un carton en Europe de l'est, et la direction de Renault vient de décider d'ouvrir un marché en Europe de l'ouest. Le résultat c'est que les Français vont perdre leur travail parceque cela coute trop cher à Renault de produire chez nous, mais la marque Dacia va vendre beaucoup plus chez nous parcequ'il y a un marché pour les voitures à bas prix qui augmente. La raison c'est que l'on a moins d'argent parceque notre économie ne fonctione pas bien, mais comme on se refuse à voir la vérité en face, on préfère mettre cela sur le dos des clandestins. La vérité à retenir de cela c'est que les employés de chez Renault vont faire la gueule, mais tout simplement ils coutent trop cher à la marque parcequ'en France, la loi fait qu'il faut les payer cher et leur offrir des prestations sociales qu'ils ne méritent pas. La délocalisation, on trouve ça mal, mais il faut bien se poser la question un jour ou l'autre. il n'y a pas que les clandestins qui font perdre leur boulot au Français et baisser les salaires. D'ailleurs comment faire pression sur les salaires dans un pays ou meme sans aucun diplome, aucun talent et aucune formation, la loi forcera ton patron à te payer plus de 1100euros par mois.
Je ne suis pas un fervent admirateur de la "main invisible", à laquelle je ne crois pas beaucoup. Mais lorsque tu parles de faire tomber toutes les barrières je ne suis pas d'accord. Comme je l'ai dit dans mon premier commentaire, je crois simplement que lorsque l'on donne de la valeur au travail (au mérite) et que l'on respecte la propriété, on met des lois en place qui la protègent. Ces lois, elles ne doivent pas aller trop loin, elles doivent simplement assurer aux citoyens que si ils travaillent, ils seront payés, et plus et mieux ils travaillent, et plus et mieux ils seront payés.
Je suis depuis un moment maintenant dans un pays émergeant, et je peux te dire qu'ici, il y a du monde pour investir, parceque les gens tu les payent à ce qu'ils font. Cependant quand la demande devient plus forte, les salariés demandent plus. C'est pourquoi les salaires augmentent dans le secteur du BPO (tout ce qui est centres d'appels, transcription médicale...) parceque le marché du service a explosé, et qu'un programmeur par exemple, pour l'engager dans une boite de BPO, il faut maintenant le payer 1000euros par mois, ce qui est un très bon salaire comparé au cout de la vie.
Je ne dis pas que l'offre et la demande régulent tout, mais juste qu'en France, à vouloir toujours plus on se retrouve avec moins parceque l'on ne respecte plus la logique économique. On pète plus haut que notre cul, et ça ne va pas durer longtemps. L'argent il vient des gens qui le créent, et si nous on le pompe sans rien donner en retour parcequ'on demande toujours plus de protection sociale, les gens qui l'ont (l'argent) ils vont tous se barrer, et nous on sera au chômage.
Je ne te taxerai pas de lepenniste parceque tu aies ton pays, car je partage cela avec toi. Cependant si tu l'aimes, mets lui un bon coupe de pied au derrière pour qu'il se rende compte de l'illusion dans laquelle il se berce lui-meme, au lieu de chercher des coupables chez les autres.
Je peux te dire à présent que tout ce que je souhaite aujourd'hui, c'est de ne pas travailler en France, parcequ'on ne permettra pas de travailler aussi dur qu'ailleurs (35h), parcequ'on me demandera de payer des taxes pour tout le monde (les allocs, c'est devenu n'importe quoi, regardez nous, on touche les APL sans aucun scrupule!), et parceque je n'ai aucune perspective professionelle dans un pays ou les gens sont feignants et payés trop chers.

L'artiste

Anonyme a dit…

J'ai oublié de répondre à ton argument qui consiste à comparer la France au Royame-Uni. Non je ne suis pas un adepte de Tony Blair, mais en effet, le droit du travail anglais, malgré les apparences donne plus de résultats chez nos voisins d'outre-manche. Je ne dis pas que le problème des immigrés clandestins n'existe pas en Angleterre ou en France, je dis qu'en Agleterre, on a un taux de chômage de 5,3% en 2008, ce qui est loin d'être ne serait-ce qu'un objectif chez nous. Alors c'est sur, les anglais n'ont pas tous un petit CDI pépère et une sécu qui fonctionne, mais au moins ils ne vont pas dire à lEtat:"donnez-nous de l'argent on crève la dalle". parceque chez nous c'est ce que l'Etat fait... On paye les gens plus que ce qu'ils valent au travail, et avec l'argent récolté, on file des allocs aux chômeurs ... Seulement les entreprises elles en ont un peu marre, elles ne veulent pas surpayer leurs employés pour filer à bouffer à 8,5% de la population active (chômeurs...), donc elles n'emploient plus, et cela crée encore plus de chômage, ou de l'immigration clandestine... Je soutiens que l'on aurait pas ce problème si on etait un peu honnête, et que l'on arrêtait de vouloir plus en ne foutant pas grand chose. Les employés français ont un des taux de productivité les plus hauts au monde, et ont pourtant moins de résultats dans leurs entreprises parcequ'ils ne travaillent pas assez... Alors produisons de la richesse en poussant les entreprises à faire plus de résultats (c-à-d en arrêtant de les faire payer toujours plus de taxes et en leur interdisant littéralement de licencier des employés qui ne foutent rien) et tu verras qu'on emploiera plus de français que de clandestins, tout simplement parcequ'on est meilleurs, plus qualifiés qu'eux...

l'artiste

Anonyme a dit…

Paul je ne suis pas enfermé dans ma tour d'ivoire comme tu le dis si joliment, je te répondrais en ce qui concerne la dualité entre le protectionisme et le libéralisme mondialisé dans mon prochain article, de la répartition des richesses.
Je veux juste remettre les points sur les i. On ne peut pas parler d'alliance objective entre la gauche du travail et la droite des valeurs. On ne peut parler d'alliance objective par ce que ces deux groupes ne poursuivent pas le même but (comme je l'ai expliqué précédemment).
Dans ta pensée, il serait plus judicieux de dire que le grand patronat tire profit de la crédulité des "droits de l'hommistes" et du libre échangisme mondialisé mal utilisé, puisque de façon illégale (on parle bien d'immigré clandestin).
En l'attente de ta réponse
A.B.