Qui pouvait prédire il y a encore quelques mois que le libéralisme, devenu le dogme économique mondial depuis l’effondrement du modèle communiste, allait connaître une telle remise en question ? Depuis Bretton Woods et la construction européenne, la chose était entendue : la suppression des barrières, tant humaines qu’économiques, était l’ « horizon indépassable » du progrès humain.
Tout ce qui faisait obstacle à l’atomisation de la société devait être détruit.
Et pourtant le libéralisme vient d’être ébranlé. Ce n’est un secret pour personne ; la crise économique qui a frappé de plein fouet l’économie américaine en cette fin d’année va avoir des répercussions mondiales. Les effets se font déjà lourdement sentir aux quatre coins de la planète. L’Asie voit sa croissance ralentir, l’Europe entre en récession, l’Afrique devra se contenter de ce que le « Nord » voudra bien lui laisser.
Le glas de la mondialisation libérale a-t-il sonné pour autant ? C’est en tout cas le rêve que caressent ses opposants déclarés. Mais au fait, qu’ont-ils fait depuis quarante ans tous ceux qui, idéalistes de tout poil, bataillent pour l’édification d’une société plus juste et tolérante ? Ils ont travaillé sans relâche à la destruction méthodique de la nation, de la famille, de la morale, de l’autorité, c’est-à-dire de tout ce qui pouvait constituer des garde-fous face à l’inexorable marche en avant du capitalisme libéral mondialisé.
Le marché ne pouvant anéantir à lui tout seul ses plus grands ennemis, a dû former des alliances. D’abord avec les élites intellectuelles. Dans l’élan de Mai 68, elles annoncent la suppression des frontières. Monsieur X n’est plus citoyen français, il est « citoyen du monde ». C’est la naissance de l’homme indifférencié hors-sol. Cet idéal sociétal mis en avant par la figure de l’altermondialiste engagé, nouveau héros des temps modernes, n’est pas sans conséquences. En détruisant toute forme d‘enracinement, il détruit l’Etat-nation.
Toujours au cours des « trente glorieuses », les ouvriers obtiennent cependant des moyens de pression uniques dans l’histoire du capitalisme. La grève générale de Mai 68, rêve anarcho-syndicaliste depuis 1905 et le congrès d’Amiens, est l’apothéose de ce mouvement. Les salaires augmentent inlassablement, à peine rognés par l’inflation. Le bras de fer qui oppose les salariés au patronat tourne à l’avantage des premiers.
Le capitalisme, se sentant menacé, sort alors son arme traditionnelle : « l’armée de réserve ». L’appel à un sous-prolétariat immigré, docile et non-qualifié, acceptant des rémunérations inférieures au prix du marché, va venir enclencher la baisse des salaires. La loi de 1974 sur le regroupement familial n’a d’autre but que de créer cet appel d’air. Dix ans plus tard, Julien Dray et Harlem Désir fondent SOS Racisme. Un onzième commandement, plus grand que tous les autres, s‘impose à l‘homme moderne : « Touche pas à mon pote ». Avec l’antiracisme, la rive gauche enfourche un nouveau cheval de bataille et passe de la « lutte des classes » à la « lutte des races », selon les termes de Paul Yonnet.
Le rapport traditionnel riche/pauvre est abandonné au profit du rapport immigré/français. Sans doute cette bataille est-elle plus progressiste. Mais, à qui profite l’arrivée d’immigrés clandestins sur le sol français ? Essentiellement aux patrons.
Pourtant la pression sur les salaires n’est pas encore suffisante. C’est pourquoi le capitalisme utilise un autre joker : la femme. Les emplois temporaires ou à temps partiels explosent. Ils sont taillés sur mesure pour les femmes, qui cherchent généralement d’avantage que les hommes à concilier vie professionnelle et vie familiale.
En outre, bénéficiant d’un deuxième revenu au sein du foyer, les ouvriers n’ont plus aucun intérêt à poursuivre leurs revendications. La stratégie du patronat s’avère payante. En augmentant la demande, la concurrence entre travailleurs est plus rude, ce qui tire logiquement les salaires à la baisse.
Cette salarisation massive des femmes, au nom du progressisme et de l’abolition de toute différence entre l’homme et la femme, a été applaudie comme une victoire par les féministes. Pourtant, le mythe de la « femme libérée » selon lequel l’éducation des enfants est un esclavage, pour lequel il ne peut y avoir d’épanouissement qu’en dehors du foyer et une reconnaissance sociale que par la réussite professionnelle, loin d’avoir libéré la femme, l’a asservie.
Mise en concurrence avec sa moitié naturelle ; l’homme, la femme est priée de répondre aux mêmes exigences. Pendant ce temps, le marché se réjouit d’avoir trouvé une nouvelle cible, tant pour la production que pour la consommation, tant il est vrai que l’entrée de la femme sur le marché a donné un coup d’accélérateur à la publicité permanente et à la marchandisation de la société.
En d’autres termes, en détruisant le modèle familial et social traditionnel, les soixante-huitards, les antiracistes et les féministes servent les intérêts du capitalisme libéral mondialisé. Ils ne luttent pas contre le capitalisme, ils sont les « idiots utiles » du capitalisme.
La droite, en s’alignant sur un modèle libéral déraciné et donc déshumanisé, et la gauche, en troquant sa ligne directrice d’antan - c’est-à-dire la défense des intérêts matériels de l’ouvrier français - pour un gauchisme sentimental et sans frontières ont détruit la nation. La nation, qui selon les propres mots de Jaurès était pourtant « le seul bien des pauvres », a de part sa décomposition ouvert la voie à la mondialisation du marché mondial et aux maux que nous connaissons aujourd’hui.
L’alliance niée, mais pourtant bien réelle, entre la gauche bien-pensante et la droite dévoyée en appelle aujourd’hui une autre : celle de la gauche du travail et de la droite des valeurs.
PS : Un grand merci à Politeia, notamment à François Reynes, sans qui la réalisation de cet article n’aurait pas été possible.
Tout ce qui faisait obstacle à l’atomisation de la société devait être détruit.
Et pourtant le libéralisme vient d’être ébranlé. Ce n’est un secret pour personne ; la crise économique qui a frappé de plein fouet l’économie américaine en cette fin d’année va avoir des répercussions mondiales. Les effets se font déjà lourdement sentir aux quatre coins de la planète. L’Asie voit sa croissance ralentir, l’Europe entre en récession, l’Afrique devra se contenter de ce que le « Nord » voudra bien lui laisser.
Le glas de la mondialisation libérale a-t-il sonné pour autant ? C’est en tout cas le rêve que caressent ses opposants déclarés. Mais au fait, qu’ont-ils fait depuis quarante ans tous ceux qui, idéalistes de tout poil, bataillent pour l’édification d’une société plus juste et tolérante ? Ils ont travaillé sans relâche à la destruction méthodique de la nation, de la famille, de la morale, de l’autorité, c’est-à-dire de tout ce qui pouvait constituer des garde-fous face à l’inexorable marche en avant du capitalisme libéral mondialisé.
Le marché ne pouvant anéantir à lui tout seul ses plus grands ennemis, a dû former des alliances. D’abord avec les élites intellectuelles. Dans l’élan de Mai 68, elles annoncent la suppression des frontières. Monsieur X n’est plus citoyen français, il est « citoyen du monde ». C’est la naissance de l’homme indifférencié hors-sol. Cet idéal sociétal mis en avant par la figure de l’altermondialiste engagé, nouveau héros des temps modernes, n’est pas sans conséquences. En détruisant toute forme d‘enracinement, il détruit l’Etat-nation.
Toujours au cours des « trente glorieuses », les ouvriers obtiennent cependant des moyens de pression uniques dans l’histoire du capitalisme. La grève générale de Mai 68, rêve anarcho-syndicaliste depuis 1905 et le congrès d’Amiens, est l’apothéose de ce mouvement. Les salaires augmentent inlassablement, à peine rognés par l’inflation. Le bras de fer qui oppose les salariés au patronat tourne à l’avantage des premiers.
Le capitalisme, se sentant menacé, sort alors son arme traditionnelle : « l’armée de réserve ». L’appel à un sous-prolétariat immigré, docile et non-qualifié, acceptant des rémunérations inférieures au prix du marché, va venir enclencher la baisse des salaires. La loi de 1974 sur le regroupement familial n’a d’autre but que de créer cet appel d’air. Dix ans plus tard, Julien Dray et Harlem Désir fondent SOS Racisme. Un onzième commandement, plus grand que tous les autres, s‘impose à l‘homme moderne : « Touche pas à mon pote ». Avec l’antiracisme, la rive gauche enfourche un nouveau cheval de bataille et passe de la « lutte des classes » à la « lutte des races », selon les termes de Paul Yonnet.
Le rapport traditionnel riche/pauvre est abandonné au profit du rapport immigré/français. Sans doute cette bataille est-elle plus progressiste. Mais, à qui profite l’arrivée d’immigrés clandestins sur le sol français ? Essentiellement aux patrons.
Pourtant la pression sur les salaires n’est pas encore suffisante. C’est pourquoi le capitalisme utilise un autre joker : la femme. Les emplois temporaires ou à temps partiels explosent. Ils sont taillés sur mesure pour les femmes, qui cherchent généralement d’avantage que les hommes à concilier vie professionnelle et vie familiale.
En outre, bénéficiant d’un deuxième revenu au sein du foyer, les ouvriers n’ont plus aucun intérêt à poursuivre leurs revendications. La stratégie du patronat s’avère payante. En augmentant la demande, la concurrence entre travailleurs est plus rude, ce qui tire logiquement les salaires à la baisse.
Cette salarisation massive des femmes, au nom du progressisme et de l’abolition de toute différence entre l’homme et la femme, a été applaudie comme une victoire par les féministes. Pourtant, le mythe de la « femme libérée » selon lequel l’éducation des enfants est un esclavage, pour lequel il ne peut y avoir d’épanouissement qu’en dehors du foyer et une reconnaissance sociale que par la réussite professionnelle, loin d’avoir libéré la femme, l’a asservie.
Mise en concurrence avec sa moitié naturelle ; l’homme, la femme est priée de répondre aux mêmes exigences. Pendant ce temps, le marché se réjouit d’avoir trouvé une nouvelle cible, tant pour la production que pour la consommation, tant il est vrai que l’entrée de la femme sur le marché a donné un coup d’accélérateur à la publicité permanente et à la marchandisation de la société.
En d’autres termes, en détruisant le modèle familial et social traditionnel, les soixante-huitards, les antiracistes et les féministes servent les intérêts du capitalisme libéral mondialisé. Ils ne luttent pas contre le capitalisme, ils sont les « idiots utiles » du capitalisme.
La droite, en s’alignant sur un modèle libéral déraciné et donc déshumanisé, et la gauche, en troquant sa ligne directrice d’antan - c’est-à-dire la défense des intérêts matériels de l’ouvrier français - pour un gauchisme sentimental et sans frontières ont détruit la nation. La nation, qui selon les propres mots de Jaurès était pourtant « le seul bien des pauvres », a de part sa décomposition ouvert la voie à la mondialisation du marché mondial et aux maux que nous connaissons aujourd’hui.
L’alliance niée, mais pourtant bien réelle, entre la gauche bien-pensante et la droite dévoyée en appelle aujourd’hui une autre : celle de la gauche du travail et de la droite des valeurs.
PS : Un grand merci à Politeia, notamment à François Reynes, sans qui la réalisation de cet article n’aurait pas été possible.
Paul M
