jeudi 27 novembre 2008

Les nouvelles conquêtes du libéralisme

Qui pouvait prédire il y a encore quelques mois que le libéralisme, devenu le dogme économique mondial depuis l’effondrement du modèle communiste, allait connaître une telle remise en question ? Depuis Bretton Woods et la construction européenne, la chose était entendue : la suppression des barrières, tant humaines qu’économiques, était l’ « horizon indépassable » du progrès humain.
Tout ce qui faisait obstacle à l’atomisation de la société devait être détruit.

Et pourtant le libéralisme vient d’être ébranlé. Ce n’est un secret pour personne ; la crise économique qui a frappé de plein fouet l’économie américaine en cette fin d’année va avoir des répercussions mondiales. Les effets se font déjà lourdement sentir aux quatre coins de la planète. L’Asie voit sa croissance ralentir, l’Europe entre en récession, l’Afrique devra se contenter de ce que le « Nord » voudra bien lui laisser.

Le glas de la mondialisation libérale a-t-il sonné pour autant ? C’est en tout cas le rêve que caressent ses opposants déclarés. Mais au fait, qu’ont-ils fait depuis quarante ans tous ceux qui, idéalistes de tout poil, bataillent pour l’édification d’une société plus juste et tolérante ? Ils ont travaillé sans relâche à la destruction méthodique de la nation, de la famille, de la morale, de l’autorité, c’est-à-dire de tout ce qui pouvait constituer des garde-fous face à l’inexorable marche en avant du capitalisme libéral mondialisé.

Le marché ne pouvant anéantir à lui tout seul ses plus grands ennemis, a dû former des alliances. D’abord avec les élites intellectuelles. Dans l’élan de Mai 68, elles annoncent la suppression des frontières. Monsieur X n’est plus citoyen français, il est « citoyen du monde ». C’est la naissance de l’homme indifférencié hors-sol. Cet idéal sociétal mis en avant par la figure de l’altermondialiste engagé, nouveau héros des temps modernes, n’est pas sans conséquences. En détruisant toute forme d‘enracinement, il détruit l’Etat-nation.

Toujours au cours des « trente glorieuses », les ouvriers obtiennent cependant des moyens de pression uniques dans l’histoire du capitalisme. La grève générale de Mai 68, rêve anarcho-syndicaliste depuis 1905 et le congrès d’Amiens, est l’apothéose de ce mouvement. Les salaires augmentent inlassablement, à peine rognés par l’inflation. Le bras de fer qui oppose les salariés au patronat tourne à l’avantage des premiers.

Le capitalisme, se sentant menacé, sort alors son arme traditionnelle : « l’armée de réserve ». L’appel à un sous-prolétariat immigré, docile et non-qualifié, acceptant des rémunérations inférieures au prix du marché, va venir enclencher la baisse des salaires. La loi de 1974 sur le regroupement familial n’a d’autre but que de créer cet appel d’air. Dix ans plus tard, Julien Dray et Harlem Désir fondent SOS Racisme. Un onzième commandement, plus grand que tous les autres, s‘impose à l‘homme moderne : « Touche pas à mon pote ». Avec l’antiracisme, la rive gauche enfourche un nouveau cheval de bataille et passe de la « lutte des classes » à la « lutte des races », selon les termes de Paul Yonnet.
Le rapport traditionnel riche/pauvre est abandonné au profit du rapport immigré/français. Sans doute cette bataille est-elle plus progressiste. Mais, à qui profite l’arrivée d’immigrés clandestins sur le sol français ? Essentiellement aux patrons.

Pourtant la pression sur les salaires n’est pas encore suffisante. C’est pourquoi le capitalisme utilise un autre joker : la femme. Les emplois temporaires ou à temps partiels explosent. Ils sont taillés sur mesure pour les femmes, qui cherchent généralement d’avantage que les hommes à concilier vie professionnelle et vie familiale.

En outre, bénéficiant d’un deuxième revenu au sein du foyer, les ouvriers n’ont plus aucun intérêt à poursuivre leurs revendications. La stratégie du patronat s’avère payante. En augmentant la demande, la concurrence entre travailleurs est plus rude, ce qui tire logiquement les salaires à la baisse.

Cette salarisation massive des femmes, au nom du progressisme et de l’abolition de toute différence entre l’homme et la femme, a été applaudie comme une victoire par les féministes. Pourtant, le mythe de la « femme libérée » selon lequel l’éducation des enfants est un esclavage, pour lequel il ne peut y avoir d’épanouissement qu’en dehors du foyer et une reconnaissance sociale que par la réussite professionnelle, loin d’avoir libéré la femme, l’a asservie.
Mise en concurrence avec sa moitié naturelle ; l’homme, la femme est priée de répondre aux mêmes exigences. Pendant ce temps, le marché se réjouit d’avoir trouvé une nouvelle cible, tant pour la production que pour la consommation, tant il est vrai que l’entrée de la femme sur le marché a donné un coup d’accélérateur à la publicité permanente et à la marchandisation de la société.

En d’autres termes, en détruisant le modèle familial et social traditionnel, les soixante-huitards, les antiracistes et les féministes servent les intérêts du capitalisme libéral mondialisé. Ils ne luttent pas contre le capitalisme, ils sont les « idiots utiles » du capitalisme.

La droite, en s’alignant sur un modèle libéral déraciné et donc déshumanisé, et la gauche, en troquant sa ligne directrice d’antan - c’est-à-dire la défense des intérêts matériels de l’ouvrier français - pour un gauchisme sentimental et sans frontières ont détruit la nation. La nation, qui selon les propres mots de Jaurès était pourtant « le seul bien des pauvres », a de part sa décomposition ouvert la voie à la mondialisation du marché mondial et aux maux que nous connaissons aujourd’hui.

L’alliance niée, mais pourtant bien réelle, entre la gauche bien-pensante et la droite dévoyée en appelle aujourd’hui une autre : celle de la gauche du travail et de la droite des valeurs.



PS : Un grand merci à Politeia, notamment à François Reynes, sans qui la réalisation de cet article n’aurait pas été possible.

Paul M

lundi 10 novembre 2008

Vers la recherche d’une arme contre la désinformation : la vérité

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde bercé par l’information, on en trouve partout, sur papiers, à la télévision, dans son environnement, dans les discussions avec d’autres individus et surtout internet. Dans un monde où l’on est censé pouvoir tout percevoir, tout connaître par des moyens médiatiques, technologiques, n’assiste t’on pas à une dérive de par la massification de l’information ?

De tout temps le contrôle des informations permit aux différents pouvoirs politiques d’asseoir leur volonté, de la justifier, de conformer les masses dans la voie qu’ils estimaient la meilleure. Cela étant d’autant plus facile que la vérité personne ne la détient vraiment, mis à part celui qui a assisté à l’événement relaté. Et encore deux individus vivant la même situation vont pouvoir la décrire différemment. L’important ce n’est pas quelle est la vrai information, c’est plutôt de savoir comment va t’elle pouvoir être utiliser, pouvoir satisfaire leurs utilisateurs. C’est ainsi que dans la période communiste, l’URSS était la plus puissante au niveau de l’utilisation de l’arme qu’est la désinformation. Pourquoi ? Parce que la vérité n’était pas le plus importante, les individus transcendaient cet intérêt pour arriver à leur fin ,pour tendre notamment vers la libération des peuples du joug des capitalistes.

De nos jours de par une prolifération des moyens d’informer, il est d’autant plus facile de se faire désinformer, n’a t'on jamais entendu quelqu’un baser ses arguments sur ce qu’il a vu, entendu ? Mais qui peut être vraiment sur que ce qu’il avance est vrai, dans un monde où le détournement d’images et la fausse subjectivité journalistique sont de rigueur ? Car et aujourd’hui, il est aisé de l’illustrer, avec une même image, on va pouvoir trouver différentes explications. De même si l’on prend une photo d’un événement en fonction de la façon dont on prend la photo, on pourra comprendre différemment la situation. De par le bombardement médiatique que l’on trouve aujourd’hui, de par la tendance des gens à préférer les images aux textes, le journal télé au journal papier, l’utilisation de la désinformation se fait plus régulière, plus intense.

On pourrait se dire que la désinformation des individus est une chose ardue mais en même temps, les gens n’aimant pas admettre être dupés, ils préfèrent se conforter dans leurs fausses certitudes le plus souvent. Mucchieli le disait, « l’important n’est pas la réalité de la vie mais ce que les gens croient. Trouver les mots qui portent est plus important que d’analyser les données objectives. ».

Pour terminer sur ce point, face à un monde où l’individu se trouve déraciné, il est d’autant plus facile d’être influencé, ne pouvant se rattacher à des bases solides, permettant de faire un minimum tampon avec le flot d’informations qui nous assaille. Ainsi Machiavel disait « tout l’art du politique et de faire croire », or les gens préfèrent croire ce qui est faux plutôt que de comprendre ce qui est vrai. On pourra donc conclure par un semblant de réponse, face à cette réalité paraissant inéluctable, seul le recul et la recherche de la vérité constitueraient des remparts suffisants pour l’individu.



J.B.K.

dimanche 9 novembre 2008

De la notion de consommateur et de citoyen

L’alliance objective entre la gauche bien-pensante et la droite libérale a progressivement détruit la notion de patriotisme, et par la même l’Etat-Nation, sous les coups conjugués du marché et des communautarismes. La droite en trahissant le mythe fondateur du gaullisme, la gauche en trahissant la politique de Jean Jaurès et sa vision de la nation, « le seul bien des pauvres », ont transformé le citoyen en simple consommateur.

La morale du citoyen, c’est de mettre au-dessus de tout la survie, la sécurité de la collectivité. Le désir du consommateur, c’est la recherche du plaisir instantané, immédiat, le citoyen dégradé en jouisseur apatride. Si la morale des occidentaux est désormais la morale du plaisir, du bonheur des individus, et non pas la vertu du citoyen, alors la survie de la nation est en jeu, car il n’y a pas de nation sans patriotisme, c’est-à-dire sans souci du bien public.

Mais toute dictature fait naître des insoumis, toute idéologie dominante crée de l’anti-conformisme, face à cette trahison subie par la gauche du travail et la droite des valeurs les esprits libres s’insurgent, les contempteurs de la pensée unique se réveillent, il n’ont pas oublié que l’homme avant d’être un consommateur est un citoyen, ils rappellent que la nation n’est pas enterrée, qu’elle représente un héritage, et surtout un atout pour l’avenir.

Ce problème relatif à la notion de nation et de citoyenneté n’est pas prêt de disparaître, en effet le débat sur le modèle économique ayant disparu - Droite et Gauche s’identifiant respectivement au libéralisme-social et au social-libéralisme - la question nationale a selon l’expression du sociologue Alain Tourraine remplacé la question sociale au centre de la vie politique. Dans ce monde « Darwinien » où le consommateur a remplacé le citoyen, il s’agit plus que jamais de protéger la nation en défendant l’intérêt public.

Paul M

La folie Obama

La meute éructe, Obama a été élu, à quand un « Obama » français entend-on déjà crier. Toutes les associations et hommes politiques se fendent de leurs petites déclarations, il existe plusieurs registres : l’optimiste type Devedjian « Nul doute que le phénomène Obama aura une influence en Europe et en France», Le blasé type Faical Douhane (PS) qui regrette que «les Français ne soient pas prêts à voter pour un Arabe ou un Noir», le géo-stratège philosophe type Azouz Begag « Les Etats-Unis sont une société en mouvement, alors que la France est une société sclérosée et sclérosante. C’est pourquoi, dans ce pays, on ne vote pas pour un noir ou un arabo-musulman. ».

Les américains à la manière d’un Arthuro Brachetti ont su en l’espace d’une nuit passer d’une image de beauf raciste, guerrier et évangéliste à celle de progressiste apôtre du multiculturalisme. A présent c’est la France qui est moisie, marquée au fer rouge par l’accusation du racisme, et c’est bien normal, imaginez alors que la Vème république compte six présidents, pas un seul est noir, pas un seul est musulman, quel affreux scandale !!! Et les malins qui oseraient rappeler que la population des USA compte cinquante fois plus de noirs que la population française n’ont pas le droit d’être cités, pas plus que ceux qui rappelleraient que les noirs aux Etats-Unis sont là depuis aussi longtemps que les blancs et que par conséquent il y a une grande disparité entre le contexte américain et français.

En revanche on peut rappeler qu’à l’époque où Rosa Park devait s’asseoir au fond du bus, dans notre pays d’indécrottables racistes le président du sénat était noir, qu’à l’époque où les USA, aujourd’hui tellement tendance, pratiquaient la ségrégation raciale, le deuxième personnage de l’Etat était Gaston Monnerville, guyanais, petit fils d’esclave. Cet homme est resté 22 ans dans les plus hautes sphères du pouvoir car, à cette époque révolue, ce n’était pas tant la couleur de peau que la compétence qui était mise en avant. A cet égard on peut penser que la compétence doit sauter une génération puisque le père de Patrick Lozès, président du CRAN qui réclame à corps et a cri un président noir en France, avait été élu député sous la IVème république.

On peut ajouter que si jamais l’attentat dirigé contre De Gaulle en 1962 avait abouti, le président de la République par intérim n’aurait été autre que Monnerville, un noir. Il convient alors de dire aux redresseurs de torts que la France n’a pas à recevoir de leçons.



Flannigan.