lundi 16 février 2009

les pompiers pyromanes

Manifestations violentes, agressions, lieux de cultes dégradés, graffitis à caractère antisémite, slogans haineux : les tensions communautaires sont comme ranimées par le conflit israélo-palestinien. Dans ce climat anxiogène, les associations antiracistes multiplient les appels au calme et espèrent ainsi se faire passer pour les gardiennes de la cohésion nationale. Le mot d'ordre est simple : il faut préserver le territoire national d’une balkanisation. Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « on utilise le territoire français pour rejouer un conflit qui se joue là-bas ». Mais si les élites ont la mémoire courte, le peuple lui n'oublie pas qui a allumé l'incendie.


A l'automne 1984, Julien Dray et Harlem Désir fondent SOS Racisme. Loin d’avoir été créée dans un but philanthropique, l'association antiraciste est avant tout un organe de manipulation, dont le but est politique.

Il faut rappeler qu'un an plus tôt, le Parti Socialiste imitant son cousin allemand le SPD, effectuait sa mue au détour d'un profond revirement idéologique. Effectuant en somme son « Bad Godesberg », le Parti Socialiste fait le choix de s’adapter à la mondialisation libérale. Mais les électeurs sont déçus. C’est pour le Mitterrand de gauche qu’ils avaient voté, celui qui s’était allié avec Jean-Pierre Chevènement en 1979 lors du congrès de Metz. Le « Florentin » le sait. En créant SOS Racisme, il parvient à occulter le virage libéral de son parti.
Le sujet du racisme tient désormais une place prépondérante au sein de la politique, qui n’est plus l’humble recherche du bien commun, mais la lutte des anges contre les démons.

Le manichéisme s'étend des discours jusqu'aux symboles. Subtil mélange entre l’étoile jaune et la main de Fathma, la main jaune permet de culpabiliser tout un pays en assimilant le massacre des Juifs durant la Shoah à la situation actuelle des immigrés. Les Français d’aujourd’hui sont les pétainistes d’autrefois.

La gauche progressiste substitue l’antiracisme au communisme et enfourche ainsi un nouveau cheval de bataille. Puisqu’elle n’a pas réussi à changer l’Homme, elle décide de changer les hommes. Les immigrés remplacent les prolétaires et deviennent le nouveau « peuple élu ».

Les idéologies changent, les méthodes restent les mêmes : sectarisme, intimidation, propagande… l’antiracisme devient selon la célèbre formule du philosophe Alain Finkielkraut « le communisme du XXIe siècle ».

Sur le plan stratégique l’antiracisme, véritable machine de guerre, permet d’éliminer tous les sujets délicats comme la délinquance, l'insécurité, et plus encore l'immigration. La droite, coupable de se « lepéniser » est contrainte de quérir le nouveau graal de toute une génération : le métissage culturel.

La droite d'alors gouverne au centre et s'allie à la gauche, laissant au Front National le privilège d'incarner la nation. L’électorat frontiste va croître significativement.

Le machiavélisme politique s’avère payant pour la gauche puisqu'à chaque élection locale, le Parti Socialiste s'impose.


L’intelligentsia parisienne n’a pas retenu les leçons de l’Histoire. L’antisémitisme finit toujours par renaître de ses cendres dans ce que Karl Marx appelle le lumpenproletariat. Ce sous-prolétariat exclu du système économique, sans travail, sans culture, sans conscience de classe, à la recherche d’une identité et donc d’un bouc émissaire responsable de sa situation. Le hasard a fait que nombre de ces intellectuels antiracistes étaient d’origine juive. Ces derniers se retrouvent ainsi dans la même posture que celle que connurent les aristocrates libéraux à la fin du XVIIIe siècle : leur révolte contre le pouvoir monarchique avait déclenché la tornade révolutionnaire qui devait les emporter.

Le « roman national français » est miné, remplacé par le roman des ethnies. A l’assimilation républicaine se substitue la « tribalisation ». L’exaltation identitaire a réduit à néant le sentiment d’appartenance à une commune nationalité. Une «défrancisation » qui aujourd’hui inquiète de plus en plus, tant par son ampleur que par ses conséquences. Ainsi, les mêmes qui sont à l’origine de l’incendie prétendent aujourd’hui l’éteindre en dénonçant la ghettoïsation de la France. Mais les pompiers pyromanes ne trompent personne. Car comme le disait Bossuet, « Dieu rit des gens qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».


Paul M

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