Jeudi 15 octobre 2009, un ingénieur de 48 ans se donne la mort. Ce nouveau drame porte à 25 le nombre de suicides en près de deux ans à France Télécom. «Le personnel est toujours en danger, c'est intolérable et inacceptable», soulignent les syndicats. En dépit de la mise en place d'un numéro d'appel avec des psychologues extérieurs, de l'ouverture de négociations sur le stress ou encore du gel des restructurations, le climat social reste particulièrement tendu au sein de l’entreprise. Les actions envisagées par les syndicats sont claires : « Etant donné l’incapacité de Didier Lombard à proposer un projet industriel viable, nous exigeons sa démission » souligne Stéphane Crozier (délégué CFE-CGC Unsa). L’actuel président de France Télécom a beau aller à confesse en reconnaissant avoir sous-estimé un certain nombre de « paramètres humains » et dénoncer « une course à la performance », il semble être devenu le nouveau fusible politico-médiatique d’une société à la recherche de boucs émissaires. On comprend bien la stratégie : tirer à vue sur le président de la plus grande entreprise française de téléphonie mobile, c’est dénoncer l’injustice du « nouvel horizon indépassable de notre temps » : une concurrence libre, non faussée et mondialisée préconisée par la Commission de Bruxelles et entérinée conjointement par la gauche et la droite depuis plus de 20 ans au Parlement européen. Le mal dont souffre France Télécom est en effet emblématique de l’évolution d’une société jetée brutalement dans les bras de la mondialisation libérale et de son cheval de Troie : L’Union européenne. Revenons sur les faits : en juin 1993, la Commission européenne fixe au 1er janvier
L’expérience socialiste russe ayant échoué, l’ultra-libéralisme s’est substitué aux vieilles recettes keynésiennes. Aux trente glorieuses succédèrent les « trente honteuses » d’un néo capitalisme qui, désormais seul en place phagocyte tout sur son passage. Tout ce qui résiste à l’atomisation généralisée doit disparaître. Déliquescence du modèle républicain et de ses instruments d’intégration, mais aussi des sociétés domestiques, religieuses et politiques (famille, religion, nation) c’est-à-dire des forces intégratrices et enracinantes qui préservaient l’individu du « suicide égoïste » au sens où l’entendait Emile Durkheim. Le marché est une centrifugeuse qui broie tout sur son passage : structures traditionnelles, modes de vie, valeurs et personnes.
« Partout où elle a pris le pouvoir, la bourgeoisie a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales, et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissaient l'homme féodal à ses supérieurs naturels, elle les a brisés sans pitié, ne laissant subsister d'autre lien entre l’homme et l’homme que le froid intérêt ». (Karl Marx)
Paul M

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