mardi 28 juillet 2009

La république nous appelle

D’ici un demi-siècle peut être moins une guerre civile éclatera. Nos élites ont renoncé depuis longtemps à Marianne et ses bras protecteurs. Ses orphelins sont dans un tel état d’abêtissement que si on leur braillait en pleine rue « Vive la république ! Vive la France! », ils se demanderaient de quelle république et de quelle France il retourne. Tout a commencé il y a 40 ans, les étudiants renvoyés manu militari devant Billancourt poursuivent néanmoins leur révolte culturelle; génération souffrant d’un « sida mental », les soixantes-huitards sont également les enfants gâtés de l’époque : croissance, plein emploi et liberté sexuelle, rien ne semble pouvoir arrêter les thuriféraires de l’idéologie post nationale.

Leur utopie, un monde sans contraintes sans blocages et sans frontières converge avec la vision ultra libérale d’un monde fondé sur la fluidité des échanges et régulé par les lois du marché. Responsables de la prolétarisation économique et culturelle du peuple, ces nouvelles élites « antinationistes » le sont également du lent écroulement de la république sous les coups conjugués du marché et du communautarisme. Une nation républicaine qui n’est plus « une et indivisible » mais qui s’identifie désormais par un agrégat de lobbys et de communautés. Toute idéologie a ses conséquences : déliquescence du modèle national français mais aussi de la démocratie et du contrat social. Oui au multiculturalisme, non à l’assimilation, oui à Bernard-Henri Lévy et Sarkozy, non à Jaurès et de Gaulle. Nous sommes tombés dans le ruisseau, faute d’avoir écouté Rousseau.

Ils nous ont fait miroiter avec le « mieux vivre ensemble », ils nous feront découvrir les Balkans et le bain de sang. Ils ont bâillonné Marianne et osent se réclamer du ruban bleu ! « Les hommes font l’histoire mais ne savent pas l’histoire qu’ils font » (Karl Marx).


Paul M