vendredi 27 février 2009
lundi 16 février 2009
les pompiers pyromanes
Manifestations violentes, agressions, lieux de cultes dégradés, graffitis à caractère antisémite, slogans haineux : les tensions communautaires sont comme ranimées par le conflit israélo-palestinien. Dans ce climat anxiogène, les associations antiracistes multiplient les appels au calme et espèrent ainsi se faire passer pour les gardiennes de la cohésion nationale. Le mot d'ordre est simple : il faut préserver le territoire national d’une balkanisation. Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « on utilise le territoire français pour rejouer un conflit qui se joue là-bas ». Mais si les élites ont la mémoire courte, le peuple lui n'oublie pas qui a allumé l'incendie.
A l'automne 1984, Julien Dray et Harlem Désir fondent SOS Racisme. Loin d’avoir été créée dans un but philanthropique, l'association antiraciste est avant tout un organe de manipulation, dont le but est politique.
Il faut rappeler qu'un an plus tôt, le Parti Socialiste imitant son cousin allemand le SPD, effectuait sa mue au détour d'un profond revirement idéologique. Effectuant en somme son « Bad Godesberg », le Parti Socialiste fait le choix de s’adapter à la mondialisation libérale. Mais les électeurs sont déçus. C’est pour le Mitterrand de gauche qu’ils avaient voté, celui qui s’était allié avec Jean-Pierre Chevènement en 1979 lors du congrès de Metz. Le « Florentin » le sait. En créant SOS Racisme, il parvient à occulter le virage libéral de son parti.
Le sujet du racisme tient désormais une place prépondérante au sein de la politique, qui n’est plus l’humble recherche du bien commun, mais la lutte des anges contre les démons.
Le manichéisme s'étend des discours jusqu'aux symboles. Subtil mélange entre l’étoile jaune et la main de Fathma, la main jaune permet de culpabiliser tout un pays en assimilant le massacre des Juifs durant
La gauche progressiste substitue l’antiracisme au communisme et enfourche ainsi un nouveau cheval de bataille. Puisqu’elle n’a pas réussi à changer l’Homme, elle décide de changer les hommes. Les immigrés remplacent les prolétaires et deviennent le nouveau « peuple élu ».
Les idéologies changent, les méthodes restent les mêmes : sectarisme, intimidation, propagande… l’antiracisme devient selon la célèbre formule du philosophe Alain Finkielkraut « le communisme du XXIe siècle ».
Sur le plan stratégique l’antiracisme, véritable machine de guerre, permet d’éliminer tous les sujets délicats comme la délinquance, l'insécurité, et plus encore l'immigration. La droite, coupable de se « lepéniser » est contrainte de quérir le nouveau graal de toute une génération : le métissage culturel.
La droite d'alors gouverne au centre et s'allie à la gauche, laissant au Front National le privilège d'incarner la nation. L’électorat frontiste va croître significativement.
Le machiavélisme politique s’avère payant pour la gauche puisqu'à chaque élection locale, le Parti Socialiste s'impose.
L’intelligentsia parisienne n’a pas retenu les leçons de l’Histoire. L’antisémitisme finit toujours par renaître de ses cendres dans ce que Karl Marx appelle le lumpenproletariat. Ce sous-prolétariat exclu du système économique, sans travail, sans culture, sans conscience de classe, à la recherche d’une identité et donc d’un bouc émissaire responsable de sa situation. Le hasard a fait que nombre de ces intellectuels antiracistes étaient d’origine juive. Ces derniers se retrouvent ainsi dans la même posture que celle que connurent les aristocrates libéraux à la fin du XVIIIe siècle : leur révolte contre le pouvoir monarchique avait déclenché la tornade révolutionnaire qui devait les emporter.
Le « roman national français » est miné, remplacé par le roman des ethnies. A l’assimilation républicaine se substitue la « tribalisation ». L’exaltation identitaire a réduit à néant le sentiment d’appartenance à une commune nationalité. Une «défrancisation » qui aujourd’hui inquiète de plus en plus, tant par son ampleur que par ses conséquences. Ainsi, les mêmes qui sont à l’origine de l’incendie prétendent aujourd’hui l’éteindre en dénonçant la ghettoïsation de
mardi 10 février 2009
Kouchner, le bouclier de la popularité
Publié le 06/02/2009 dans Le Figaro
.
Rumeurs, calomnies, infamies ? Ou révélations, dénonciations, combinazione ?
La bataille entre Bernard Kouchner et Pierre Péan ne fait que commencer.
Dans son dernier livre, le journaliste « dénonce » les turpitudes prétendues du « French doctor », en Afrique en particulier. Depuis, le ministre des Affaires étrangères se défend bec et ongles. Il dément, il dénonce, il accuse. Il se bat. Ce n'est pas la première fois qu'il est accusé de faire payer grassement ses engagements humanitaires : on se souvient de l'histoire du rapport pour Total en Birmanie. Kouchner a toujours eu un goût prononcé pour la « grande vie ». « Deux tiers mondain, un tiers-mondiste », le brocardait-on jadis. Mais jusqu'à présent, rien n'a attaché à Kouchner-Tefal. Rien n'est prouvé contre lui. La présomption d'innocence le protège. Sa popularité est encore haute. C'est son bouclier. Et son épée de maréchal.
C'est à ses sondages flatteurs qu'il doit en grande partie son ministère, alors que Sarkozy a un temps balancé entre lui et Hubert Védrine. L'ancien conseiller de Mitterrand voulait être le vrai patron du Quai d'Orsay, comme il l'avait été sous Jospin. Le seul. Ce que n'est pas Bernard Kouchner, placé sous la tutelle de l'Elysée et de son diplomate en chef, Jean-David Levitte. A l'Elysée, on s'interroge, on s'inquiète. Protection ? Démission ?
L'image de la France est en jeu. On observe les réactions des capitales étrangères. Et on scrute à la loupe les études d'opinion. Déjà, Kouchner a dégringolé après avoir déclaré que le ministère des Droits de l'homme de Rama Yade était inutile. Sur le fond, il n'avait sans doute pas tort, mais il a semblé agresser une (belle) jeune femme déjà en difficulté, et surtout renier le combat humanitaire de toute sa vie. Dans les sondages de popularité, Kouchner reste à un étiage que lui envient la plupart des politiques. Jusqu'à quand ?
lundi 9 février 2009
Sémantiquement correct
Dans 1984, Orwell décrit une société totalitaire, utilisant une « novlangue », permettant à l’Etat de pénétrer non seulement dans les institutions mais aussi dans la conscience des individus. Cette nouvelle langue a pour objectif de rendre impossible l’expression d’idées subversives et d’éviter toute formulation critique.
Ce mécanisme de contrôle de la pensée (les linguistes le savent mieux que quiconque : c’est la langue qui est le reflet du cerveau et non l’inverse), outil par excellence du totalitarisme, est toujours présent dans notre « démocrature ». La rééducation se masque derrière le panurgisme de masse. L’analyse sémantique de nombreux termes, volontairement galvaudés, permet de mieux comprendre la pensée unique et pavlovienne de toute une génération.
En voici quelques exemples :
Fascisme : Probablement le mot le plus galvaudé de notre histoire. Il convient ici de distinguer plusieurs périodes, trois notamment :
Avant-guerre, le terme est utilisé par la propagande communiste afin d’amalgamer plusieurs mouvements politiques et philosophiques : le national-socialisme ; le régime mussolinien ; les Etats nationaux catholiques (Dollfuss, Salazar, Franco) ; la droite nationaliste des pays libéraux. L’explication est simple, il existe un point commun entre tous ces courants de pensée : l’anticommunisme. Or, selon la formule désormais célèbre de Sartre, « tout anticommuniste est un chien ». En effet, toute critique formulée à l’égard du paradis socialiste, fait de son auteur l’ami du contraire, c’est-à-dire du nazisme. Le sophisme est d’une efficacité redoutable, et permettra aux thuriféraires du marxisme-léninisme de maximiser l’électorat communiste.
Dans le passé d’une illusion, François Furet dénonce ce terrorisme intellectuel : « L’antifascisme : avec ce mot tout est dit de ce qui va faire, le rayonnement du communisme dans l’après-guerre. »
Le nazisme est mort et enterré, mais le marxisme demeure « l’horizon indépassable » de l’époque. Le parti des « 75.000 fusillés », profite de l’émotion suscitée par les massacres perpétrés durant la guerre et continue consciemment à galvauder le mot fasciste, afin de satisfaire la volonté de leur maître : le héros de Stalingrad, « le petit père des peuples ».
Après 68, l’image du socialisme se dégrade peu à peu à l’Est, l’antiracisme devient le nouveau cheval de bataille de la gauche progressiste et se substitue peu à peu au catéchisme communiste. Les dogmes changent, mais les méthodes restent les mêmes. Les anciens trotskystes reconvertis dans « la lutte des races » ne le savent que trop bien. L’antiracisme devient selon la formule désormais célèbre du philosophe Finkielkraut : « le communisme du XXIe siècle ». Quiconque manifeste la moindre hostilité à l’encontre de l’idéologie antiraciste trahit une connivence implicite avec son ennemi juré : le fascisme.
Ainsi, le terme fasciste ne correspond plus depuis longtemps à un contenu objectif. « Il n’est plus qu’une insulte, une arme pour disqualifier l’adversaire », constate Jean Sévillia dans le terrorisme intellectuel. Ce fantasme reste néanmoins invoqué en n’importe quel occasion par toute une génération.
Sans Papiers : ou néologisme trompeur servant à désigner des immigrés clandestins, c’est-à-dire des gens ayant pénétré illégalement sur le territoire national et possédant des papiers d’un pays qu’ils n’auraient jamais dû quitter. L’expression à elle seule est un piège. Elle sous entend que les immigrés clandestins sont des êtres apatrides, ne possédant pas de papiers et que par conséquent notre devoir de citoyen serait de leur en donner. Le fait que cette formule, soit utilisée unanimement par la caste journalistique (Consciemment pour les plus malins, inconsciemment pour les autres) est sémantiquement une victoire pour les associations prônant l’abolition des frontières, et la régularisation massive.
Rafle : Terme ayant une connotation historique bien précise, puisque faisant référence à la rafle du vélodrome d’hiver, c’est-à-dire la plus grande arrestation massive de juifs (dont on connaît le sort funeste) réalisée en France pendant la seconde guerre mondiale.
Ici encore, l’abâtardissement volontaire de la langue française a une explication simple : Culpabiliser tout un pays, fautif de vouloir réguler les flux migratoires, en assimilant la situation des « sans papiers » à celle des juifs durant
Diversité : Terme aujourd’hui codé permettant de voiler la religion du métissage culturel ou multiculturalisme, nouveau graal assigné à notre époque.
Machiste : Etymologiquement, vient de l’espagnol « macho » qui signifie « viril ». Terme servant originellement à désigner le mâle, soucieux de protéger le foyer familial, c’est-à-dire sa femme et ses enfants. Mot volontairement galvaudé par un féminisme castrateur et pathogène ayant pour objectif de féminiser l’Homme et toute une société.
Terme utilisé exclusivement par les femmes dans les années 70, et aujourd’hui employé par toute une génération d’hommes, ce qui est sémantiquement une victoire pour les féministes puisque cela montre bien que ces derniers ont (inconsciemment pour la plupart) intériorisé un langage et un comportement qui n’est pas le leur.
Devoir d’ingérence : Terme codé masquant le désir néocolonial d’un homme souhaitant utiliser un pouvoir occidental pour « civiliser » et « émanciper » les peuples du tiers monde.
Comportement névrotique, révélateur du sentiment de supériorité morale, d’un désormais ministre ayant prêté allégeance au néo-conservatisme américain.
Populisme : Terme qui avait autrefois une connotation positive puisqu’il signifiait être proche du peuple, ce qui soit dit en passant est le but même de la politique. En effet il parait difficile de répondre à la définition aristotélicienne de la politique, c’est-à-dire la recherche du bien commun, sans chercher à satisfaire les aspirations populaires.
Le populiste est aujourd’hui volontairement confondu avec le démagogue. Cet amalgame est révélateur de l’état d’esprit de l’intelligentsia bien pensante et de son mépris du peuple qu’elle considère comme étant : raciste, xénophobe, homophobe, égoïste, misogyne ou encore « béret, bourrées, binious, bref, “franchouillard” ou cocardier » selon les propres termes de Pierre Bergé, Georges-Marc Benamou et Bernard-Henri Lévy (ce dernier étant sans nul doute le plus grand stalinien de la pensée que notre époque ait connu).
Raciste : Terme désignant celui qui hiérarchise les races.
Aujourd’hui, formule consciemment galvaudée puisque servant à nommer celui qui refuse de s’adapter à l’idéologie bien pensante en distinguant les races. (Voir le mot race).
Race : Terme dont l’usage est interdit depuis l’affaire Zemmour.
Cosmopolite : Terme dont l’usage est interdit depuis l’affaire Péan.
Paul M
