C’est assez rare pour être signalé : depuis la fin du mois de septembre, un film français triomphe dans les salles de cinéma de l’hexagone. Avec près de 5 millions d’entrées en un peu plus d’un mois, le Petit Nicolas, l’adaptation cinématographique des aventures du personnage créé par Sempé et Goscinny, est un succès populaire du même ordre que Les Choristes ou Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Ce n’est d’ailleurs pas le seul point commun entre ces films récents. Tous ont montré une France éloignée de l’idéal cosmopolite actuel, que ce soit par choix esthétique (Amélie Poulain), ou par simple bon sens historique (Les Choristes et Le Petit Nicolas).
Le Petit Nicolas a des ennuis
Il n’en fallait pourtant pas plus pour que les cultureux et autres portes plumes du politiquement correct sonnent l’hallali. A l’exception notable de Libération, le pauvre petit écolier s’est fait manger tout cru par l’ensemble des journaux officiels de l’élite germanopratine. Comme les deux autres films cités précédemment, il lui a été reproché pèle mêle son « passéisme », son « manque de modernité » (sic) ou encore sa représentation d’une France bien trop éloignée de l’apocalyptique « Entre les murs », palme d’or surestimée du festival de Cannes 2008. Des grands titres tels que les Inrockuptibles ont vu dans le film de Laurent Tirard « la réclame consternante d’un mode de vie réac, niaiseux et asphyxiant ». Il faut se rappeler que dans ces mêmes colonnes le journaliste Serge Kaganski avait qualifié Amélie Poulain de film pétainiste… Le Monde estime quant à lui que « le film ressert la soupe nostalgique d’une France des 30 glorieuses et de son école exemplaire, exclusivement peuplée de gentils petits garçon blancs, vêtus de culottes courtes en flanelle, respectueux de l’autorité des professeurs (…) et qui n’imaginent même pas lancer une boule puante ». Voilà un crime de lèse multiculturalisme ! C’est à se demander pourquoi le réalisateur n’a pas troqué les culottes pour des baggys et les billes contre des cocktails Molotovs. Enfin, pour Les cahiers du cinéma, le film tient « un discours douteux ». Pour les journaux dits « de référence » des cinéphiles français – dont votre serviteur confesse faire partie – il serait donc réactionnaire et douteux de représenter la France et les Français tel qu’ils étaient à l’aube des années 1960. Pour mémoire, à la même période, Charles de Gaule les définissait comme « un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne » .
Trissotins, cinéma et identité
Au-delà de la bassesse de ces critiques, c’est bien un profond décalage entre l’intelligentsia et le grand public qui se fait jour. Un bras de fer idéologique et intellectuel s’est joué sans probablement que les protagonistes ne s’en rendent compte. Qu’ont voulu nous dire ces plumitifs et autres thuriféraires de la France métissée qui prétendent parler au nom de la vox populi ? A peu près ceci : « si vous allez voir ce film, vous êtes forcement un dangereux réac’ et un xénophobe prêt à faire ressusciter la bête immonde ». Ces tentatives d’intimidation ont été superbement ignorées par les millions de spectateurs qui se sont rendus dans les salles obscures. A l’heure où un autre Nicolas propose un débat sur l’identité nationale, voilà un signal plutôt rassurant. Cela éclaire aussi l’importance du septième art dans la construction de cette identité. Les Etats-Unis l’ont compris depuis longtemps et ont toujours su mettre en scène leurs grandes épopées nationales. Souvenons nous des westerns de John Ford et reconnaissons leur rôle dans la construction du mythe américain. Le cinéma chinois a, de son côté, connu son plus gros succès récemment avec l’épopée médiévale et patriotique Les Trois Royaumes, mis en scène de manière spectaculaire par John Woo. La France reste étrangement orpheline de ces films populaires et fédérateurs. Gageons pourtant qu’une saga sur les hauts faits des chevaliers français aurait sûrement plus d’allure et de succès qu’un énième drame social sur la fermeture d’une usine de robinetterie dans le Calvados. En plébiscitant Le petit Nicolas, les Français se sont réappropriés un morceau d’histoire. Ils ont aussi montré que, inconsciemment, ils situent les origines de l’identité française plus près du baptême de Clovis que de la loi sur le regroupement familial.
Maxime Bregeon
Le Petit Nicolas a des ennuis
Il n’en fallait pourtant pas plus pour que les cultureux et autres portes plumes du politiquement correct sonnent l’hallali. A l’exception notable de Libération, le pauvre petit écolier s’est fait manger tout cru par l’ensemble des journaux officiels de l’élite germanopratine. Comme les deux autres films cités précédemment, il lui a été reproché pèle mêle son « passéisme », son « manque de modernité » (sic) ou encore sa représentation d’une France bien trop éloignée de l’apocalyptique « Entre les murs », palme d’or surestimée du festival de Cannes 2008. Des grands titres tels que les Inrockuptibles ont vu dans le film de Laurent Tirard « la réclame consternante d’un mode de vie réac, niaiseux et asphyxiant ». Il faut se rappeler que dans ces mêmes colonnes le journaliste Serge Kaganski avait qualifié Amélie Poulain de film pétainiste… Le Monde estime quant à lui que « le film ressert la soupe nostalgique d’une France des 30 glorieuses et de son école exemplaire, exclusivement peuplée de gentils petits garçon blancs, vêtus de culottes courtes en flanelle, respectueux de l’autorité des professeurs (…) et qui n’imaginent même pas lancer une boule puante ». Voilà un crime de lèse multiculturalisme ! C’est à se demander pourquoi le réalisateur n’a pas troqué les culottes pour des baggys et les billes contre des cocktails Molotovs. Enfin, pour Les cahiers du cinéma, le film tient « un discours douteux ». Pour les journaux dits « de référence » des cinéphiles français – dont votre serviteur confesse faire partie – il serait donc réactionnaire et douteux de représenter la France et les Français tel qu’ils étaient à l’aube des années 1960. Pour mémoire, à la même période, Charles de Gaule les définissait comme « un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne » .
Trissotins, cinéma et identité
Au-delà de la bassesse de ces critiques, c’est bien un profond décalage entre l’intelligentsia et le grand public qui se fait jour. Un bras de fer idéologique et intellectuel s’est joué sans probablement que les protagonistes ne s’en rendent compte. Qu’ont voulu nous dire ces plumitifs et autres thuriféraires de la France métissée qui prétendent parler au nom de la vox populi ? A peu près ceci : « si vous allez voir ce film, vous êtes forcement un dangereux réac’ et un xénophobe prêt à faire ressusciter la bête immonde ». Ces tentatives d’intimidation ont été superbement ignorées par les millions de spectateurs qui se sont rendus dans les salles obscures. A l’heure où un autre Nicolas propose un débat sur l’identité nationale, voilà un signal plutôt rassurant. Cela éclaire aussi l’importance du septième art dans la construction de cette identité. Les Etats-Unis l’ont compris depuis longtemps et ont toujours su mettre en scène leurs grandes épopées nationales. Souvenons nous des westerns de John Ford et reconnaissons leur rôle dans la construction du mythe américain. Le cinéma chinois a, de son côté, connu son plus gros succès récemment avec l’épopée médiévale et patriotique Les Trois Royaumes, mis en scène de manière spectaculaire par John Woo. La France reste étrangement orpheline de ces films populaires et fédérateurs. Gageons pourtant qu’une saga sur les hauts faits des chevaliers français aurait sûrement plus d’allure et de succès qu’un énième drame social sur la fermeture d’une usine de robinetterie dans le Calvados. En plébiscitant Le petit Nicolas, les Français se sont réappropriés un morceau d’histoire. Ils ont aussi montré que, inconsciemment, ils situent les origines de l’identité française plus près du baptême de Clovis que de la loi sur le regroupement familial.
Maxime Bregeon

1 commentaire:
Pour un réactionnaire, je vous trouve sur ce point en plein dans le consensus mou.
Vous tombez dans une dérive, peut-être pire que celle que vous dénoncez - souvent à juste titre - : le peuple aime donc le film (ou autre produit culturel) est bien.
Les plus grands succès commerciaux ne sont pas toujours - et même très rarement - les plus grandes réussites artistiques.
Je ne suis pas allé voir Le Petit Nicolas qui ne me tente guère mais il est évident que ce film appartient à la même "vague" que Le fabuleux destin d'Amélie Poulain et Les Choristes. Une "vague" chargée de bons sentiments, narrant une France qui n'a jamais existé. Si c'est ça votre identité nationale...
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